mardi 19 juin 2018

Vis caché - Enez Eusa

Si tu n'as pas lu les chapitres précédents et que tu veux comprendre de quoi il retourne, consulte la page du projet.

Ce scénario a permis d'introduire certains défauts des personnages. Dans le jeu Ars magica, il sont nommés vices. On peut les prendre lors de la création en échange d'avantages (les vertus). Aelia par exemple est dépendante à la magie. Dans certaines circonstances, après avoir lancé un sort, elle doit faire un effort de volonté pour ne pas en lancer un autre, quitte à s'épuiser. Ce qui lui a joué quelques petits tours au cours de cette séance et des suivantes.



Le navire est ballotté par les éléments. La météo est si mauvaise que seul le talent d’Alann peut leur permettre de se rendre à bon port. Sur le pont, exposée aux vents, Aelia se cramponne fermement au mât. Elle tente de se remémorer ses minces connaissances en droit hermétique. Ils ne sont pas encore à Camaret, mais elle ne peut s’empêcher d’anticiper. Si l’alignement recèle du vis, l’alliance Reditum pourra-t-elle prétendre avoir des droits dessus ?

Le règlement est clair : toute source permanente de vis située à moins d’une journée de marche d’une alliance lui appartient. Le Conquet est la situation continentale officielle de Reditum - une disposition destinée à leur assurer quelques sources de vis. À vol d’oiseau, la presqu’île de Crozon où ils se rendent est à moins d’une journée de marche. Cependant, concrètement, il leur faut contourner la rade de Brest s’ils marchent, ce qui rend l’endroit hors de leur territoire. La solution la plus rapide, prendre la mer, peut-elle être considérée de la même façon ?

Aelia saute de la mule qu’elle a louée à Camaret. Devant elle, de nombreuses pierres sont dressées vers le ciel, témoins d’ancien rituels druidiques. Les mages parcourent le site, passant entre les monuments séculaires, cherchant un indice de pouvoir magique. Un ballet de mouettes criardes couvre de temps à autre le bruit du vent.
« Regardez ! »
La voix claire de Gatien attire l’attention d’Aelia vers la périphérie du site. Elle voit le bibliothécaire se tenir devant un chêne majestueux. L’arbre est d’une taille impressionnante, comme s’il était très ancien, tout en montrant la même vigueur qu’une jeune pousse. De l’endroit où elle est, Aelia comprend que son emplacement correspond à celui qu’aurait dû occuper un menhir. Gregor est déjà à l’œuvre, il lance un sort de détection puis hoche la tête à l’intention des autres mages. Ils viennent de trouver ce qu’ils cherchaient.

Aelia ne peut s’empêcher de regarder le flacon plein de sève. N’ayant pas les outils adéquats, la récolte a été difficile, mais à présent, ils détiennent du vis. Celui-ci ne leur appartient malheureusement pas. En vertu de l’accord passé avec leur maison-mère, ils devront donner cette source de pouvoir à Exspectatio. Cependant, d’ici quelques mois, le chêne sera en mesure de produire à nouveau du vis et s’ils le récoltent, il leur appartiendra. Aelia doit absolument savoir si cette source peut être considérée comme appartenant à leur territoire. Si ce n’est pas le cas, rien n’interdira à un autre mage de venir se l’approprier avant eux.

Il est tard, Alann affirme que la mer est trop mauvaise pour repartir.
« Qu’à cela ne tienne ! s’exclame Aelia en tâtant ses pièces de monnaie. Prenons une auberge pour y passer la nuit ! »
Camaret-sur-mer n’est qu’une minuscule bourgade, aucun établissement n’y propose l’hébergement. Aelia décide d’aller demander l’hospitalité dans une maison. La femme qui lui ouvre n’a pas assez de place pour les loger tous, elle suggère la grange de Jo, de l’autre côté du village.

« Bonjour, je m’appelle Az… Aelia, et mes amis et moi, on peut point reprendre la mer ce soir, alors si vous pouviez nous offrir l’hébergement, contre rémunération bien sûr, ce serait ben brave de vot’ part ! »
Le paysan devient tout sourire quand elle lui montre une pièce.
« Pour sûr, que vous pouvez passer la nuit dans la grange ! Mais ça va point être confortable, ça va sentir la vache.
- C’est pas grave. On s’en doutait, qu’on s’rait point à l’auberge, mais c’est toujours mieux qu’dehors, et pis les bêtes nous tiendront chaud.
- J’va vous préparer une soupe pour ce soir, histoire que vous soyez calés.
- Si en plus vous nous offrez le dîner, ça mérite ben une récompense. »
Aelia tend une pièce supplémentaire que le vieux Jo saisit avec force remerciements.
« Je dois bien avoir un peu de lard à mettre dans la soupe ! »
La mage constate que ses compagnons sont interloqués de la voir parler ainsi. Pourtant, quand elle est arrivée à Exspectatio, à l’époque où elle s’appelait encore Azenor, elle sortait tout droit de son milieu campagnard. Le langage châtié de Gatien, comme ses bonnes manières à table, l’avaient d’ailleurs surprise. Bien des années étaient écoulées depuis, elle avait appris les lettres et n’avait plus fait de démonstration de ses origines roturières au sein de l’alliance. Rien d’étonnant à ce que ses confrères aient oublié !



Tout en marchant, Gatien inspecte les lieux attentivement. Partis du Conquet en direction de Porspoder, le groupe cherche dans le paysage des éléments qui pourraient évoquer une quelconque source de Vis. Un peu plus tôt, Azenor et Alann ont passé du temps à parler avec des villageois, sans obtenir plus que des histoires de korrigans et le récit d’un ivrogne sur une belle femme facile et volatile.

Son regard est attiré vers le chemin. Il se tourne et sa tête rencontre celle de Gregor.
« Aie !
- Aie ! Pardon ! »
Tout en se massant la tempe, Gregor s’accroupit pour mieux voir ce qui a attiré leur regard. Gatien se penche également. Ils sont bientôt rejoints par Alann, Gaëlle et Christian.
« C’est du sang. »
Le sol a été remué, les traces sont nombreuses. Gatien prononce l’évidence :
« Il y a eu une bagarre. »
Gaëlle désigne une empreinte menue :
« Il y avait un enfant.
- Ils ont continué par là, ajoute Alann en montrant une direction vers l’intérieur des terres. »
Au bout de quelques pas, aucun des deux n’est plus capable de suivre la piste.
« Il reste bien une solution, murmure Gregor en regardant Gatien.
- D’accord, mais quelqu’un m’accompagne pour prendre mes vêtements. »
L’intéressé regarde en direction d’un bosquet un peu plus loin. Gaëlle se propose. Gatien ne peut s’empêcher de remarquer l’amusement d’Aelia tandis qu’elle envoie Christian, Thibaud et Gregor l’escorter. Dans son dos, il l’entend expliquer à Gaëlle :
« Au début, ça le gênait pas de le faire devant tout le monde, mais ça a changé quand il a commencé à avoir des poils. Sous sa forme humaine, je veux dire. »
Gatien ignore ce que Gaëlle répond, car elles ne sont plus à portée de voix.

Quand il revient quelques minutes plus tard, le sol est bien plus proche de sa truffe. Gaëlle s’exclame :
« C’est lui ?! »
Il entend à la fois l’incrédulité et la stupéfaction dans sa voix, avec bien plus d’acuité que quand il est humain. Il pense un instant à redresser sa queue, ce qu’il oublie bien souvent quand il reprend sa forme canine. Il sait que ce n’est qu’un passage avant que les attitudes naturelles de l’animal dont il prend la forme ne lui reviennent. Avant d’entrer dans l’alliance, il a même découvert qu’en restant un peu trop longtemps sous la forme d’un chien, il en venait à quasiment oublier qu’il était un homme. Après le  retour sous sa forme véritable, des habitudes de sa forme animale pouvaient lui revenir s’il n’y prenait garde.

Transformo s’approche de la trace de sang. Quand il passe à côté d’Aelia, celle-ci le flatte, ne résistant pas à l’envie de le taquiner devant Gaëlle. Le contact de sa main est amical, cependant, comme il l’était déjà dix ans plus tôt. Gatien sent un mouvement brusque sur sa gauche. Il redresse vivement la tête. Un bâton est en train de voler et atterrit avec un craquement sonore. Son lanceur espérait-il le voir courir après ? Gatien se concentre plutôt sur les odeurs qui émanent du site. La plus puissante, qui lui laisse un goût métallique dans le fond de la gorge, est celle du sang. Elle sature presque ses narines. C’est du sang, à n’en pas douter, mais il n’est pas humain. Gatien est incapable de parler. Pour attirer l’attention de ses pairs sur cette particularité, il éternue.

Azenor et Gregor n’ont pas vraiment compris, ils ont néanmoins spontanément décidé de prendre un échantillon. Gatien suit la piste odorante et parcourt un petit bout de chemin comme cela. L’odeur est toujours présente, bien que de plus en plus faible, mais aucune trace n’est visible. L’individu n’avait pas d’hémorragie. Gatien a cru perdre plusieurs fois la piste. Cette fois, l’odeur s’est complètement estompé, il est certain de ne plus pouvoir la retrouver. Il s’assoit et attend ses compagnons. Azenor n’a pas loué de monture, elle ralentit tout le groupe. Quand Christian arrive à son niveau, Transformo regarde ses vêtements, puis un bosquet, et ce à plusieurs reprises. Enfin, Gregor comprend, il ordonne au servant de l’accompagner.

Gatien revient, vêtu de pied en cap, pour voir les deux autres mages en train d’examiner l’échantillon de sang. Brièvement, des ailes d’anges chimériques apparaissent sur le dos de Gregor. C’est le signe indéniable qu’il est en train de lancer un sort. Il attend que Transformo soit à porté de voix pour livrer ses conclusions :
« C’est du sang féerique. »
Gatien n’est pas surpris.



« Non non, on a rien vu, j’vous dis ! »
Aelia est allée avec Alann interroger les paysans pour tenter de trouver la suite de la piste.
« C’est qu’on a vu du sang, explique Alann. Y’a un blessé, alors c’est pour ça qu’on s’inquiète.
- Bah, c’était p’têt des gosses qui jouaient, tout simplement. Pas de quoi s’inquiéter. »
Aelia ne peut s’empêcher de se porter un peu plus sur sa jambe gauche. Elle est toujours un peu douloureuse, toute la magie utilisée sur elle n'a pas suffit à lui permettre de retrouver toutes ses facultés. Azenor ne peut pas oublier que sa blessure vient de ce qu’un homme comme lui aurait qualifié de jeux d’enfants. Pas d’inquiétude à avoir ? Quand parfois, un jeu de gosses constituait à faire la peau d’un autre môme parce qu’il avait une gueule qui ne leur revenait pas ? Que se serait-il passé, ce jour-là, si elle n’avait pas utilisé la magie pour les protéger ? Si elle n’avait pas eu le don ? Asmor aurait-il retrouvé Peredur vivant ? Toute à ses pensées, elle n’a pas suivi la fin de la conversation. Elle prend congé en même temps qu’Alann.
« On avance vers la bourgade dont il a parlé ? suggère le pêcheur. »
Aelia n’a pas de meilleure proposition, elle acquiesce. Tandis qu’ils marchent, Alann lui demande :
« On en a pour combien de temps encore ? Parce que j’ai un enfant à l’alliance, j’aimerais bien passer un peu de temps avec lui.
- Ne t’en fais pas, les servants s’occupent bien de lui. Quand vous étiez à Brest, ton ami Maël prenait souvent de ses nouvelles. C’est possible que Tudwal se mettre en tête de lui faire son éducation religieuse, il va apprendre à lire et écrire, entouré comme ça. »
La remarque n’a pas l’air d’enchanter le pêcheur. Aelia frissonne. Ils sont dans une vallée, le soleil a disparu derrière la crête. Ils sont en train de longer une grande ferme, ce qui présente une heureuse coïncidence.
« On s’arrête là pour dormir ? suggère Aelia. »
Elle s’approche d’un homme costaud et lui demande :
« Nous aurions besoin d’un gîte pour la nuit. Nous pourrions loger dans votre grange ? »
Le paysan dévisage l’ensemble des personnes derrière elle.
« Ben c’est qu’vous êtes nombreux, et puis armés.
- Nous sommes des voyageurs. Il fait bientôt nuit. Nous avons de quoi payer. »
Aelia montre une pièce, mais son interlocuteur est toujours reluctant. Il lui faut promettre le triple pour qu’il accepte sans grand enthousiasme.
« À ce prix là, j’espère au moins qu’elle est confortable vot’ grange !
- Ouais, bien sûr. Je vais vous préparer un coin douillet, vous serez bien. Attendez ici, j’ai un travail à faire à l’intérieur. »
L’homme disparaît dans la grange, les laissant patienter. Peu de temps après, il leur fait signe d’entrer pour déposer leurs affaires.
« Vous allez bien souper avec nous. J’vous fais une place à not’ tablée ! »
Le paysan semble plus aimable qu’un peu plus tôt. Aelia entre, masse sa jambe droite en grimaçant. Quand elle marche lentement, son handicap n’est visible que pour un œil observateur. Quand elle doit se maintenir à la hauteur des autres, comme elle l’a fait toute la journée, elle boite affreusement. Sa jambe droite se fatigue beaucoup dans ces circonstances.
« Dites, il a dit qu’il devait faire quelque chose dans la grange, mais je vois pas quoi. »
Aelia regarde autour d’elle. La remarque que vient de lancer Alann lui semble juste. Elle n’y connaît rien au travail à la ferme, mais le comportement du paysan était bizarre, comme s’ils le gênaient. Le pêcheur fouille la grange, sans trouver aucune explication.

« À table ! » les appelle-t-on depuis l’extérieur
Une grande tablée est prête à servir tous les travailleurs de la ferme. Le groupe de Reditum est placé tout au bout. Les conversations entre les paysans vont bon train, mais personne ne leur adresse la parole. Ils ne sont pourtant pas assez à l’écart pour qu’Aelia puisse lancer un sort discrètement, il lui faut œuvrer dans un silence complet et sans le moindre mouvement. Aelia se concentre, recompose dans son esprit tous les éléments de la magie. Tandis qu’elle regarde à la dérobée le paysan qui les a accueillis, elle cherche dans son esprit ce qu’il a fait dans la grange. Une fois son information obtenue, elle sourit. En latin, elle s’adresse à Gregor et Gatien :
« Je sais ce qu’il a fait dans la grange. Il a assommé et caché un petit être espiègle. »
Korrigan est un terme que les autres convives auraient reconnus.
« Tu sais où ? demande Gatien.
- Attends un peu. »
Elle se replonge dans sa concentration. Il lui est difficile de pratiquer la magie sans faire le moindre geste. Quand elle ressort, elle sent la sueur perler à son front. Le paysan ignore où se trouve le korrigan, il l’a confié à un ami, caché dans un sac. Elle le regarde discuter avec les gens autour de lui en se demandant lequel est l’ami en question. L’attitude du paysan avec son voisin de droite lui fait penser que c’est l’individu à privilégier. Aelia lance à nouveau un sort. L’esprit de sa cible est vide de tout concernant un Korrigan capturé. À son retour au monde réel, elle rencontre le regard de ses camarades.
« Il ne sait pas où il est. C’est un de ses amis qui l’a. Il suffit d’attendre la fin du repas pour le surveiller discrètement jusqu’à ce qu’il le récupère.
- Oui, tu as raison. Inutile que tu te fatigues trop à chercher de qui il s’agit, nous pouvons faire sans la magie. »
Gregor ne fait preuve que de sollicitude. Aelia a conscience que ses sorts lui drainent ses forces. Il le perçoit forcément, ne serait-ce qu’à sa pâleur soudaine. Plus elle est fatiguée, plus la magie devient difficile à lancer, l’épuisant d’autant plus. Azenor a tout de même le sentiment que l’attention de Gregor est une forme de défi pour elle. Elle se sait capable de réussir à entrer dans l’esprit de quelqu’un sans trop se fatiguer. Et puis, elle veut savoir… À nouveau, elle fait appel à la magie pour entrer dans l’esprit de leur hôte. Elle y découvre le nom de son complice, un certain Yves, qui n’est pas à table mais attend dehors. Avant d’annoncer la nouvelle à ses compagnons, Azenor se laisse attirer par sa curiosité. Elle imagine bien que le paysan tient un Korrigan en otage dans l’espoir naïf qu’il exauce un vœu, mais elle aimerait bien savoir de quoi il s’agit. Le pécore cherche-t-il bêtement de l’argent, ou bien est-ce quelque chose d’un peu plus original ? Elle a conscience que sa curiosité n’est qu’un prétexte pour utiliser une dernière fois la magie. Elle s’y replonge pourtant avec délices, apprend sans trop de surprise que c’est bien la fortune qu’il convoite. Elle a subitement conscience au moment d’émerger qu’elle a abusé de ses forces, mais il est trop tard. Elle ne pourra pas suggérer à ses amis de chercher Yves l’homme au sac. Le décor s’emplit de papillons bleus puis elle s’affaisse sur la table.



Alann est surpris de tout ce qu’il parvient à voir par cette nuit où la lune est cachée. Gatien lui a lancé un sort grâce auquel il peut voir comme un chat. Bien caché contre le tronc de l’arbre, le pêcheur observe le dénommé Yves, qui attend dans la pénombre, un sac près de lui. Transformo est resté dans la grange pour veiller sur Aelia, laquelle se remet difficilement après son évanouissement. Gregor et Thibault ne sont pas loin derrière lui, prêts à intervenir. Sa vision surnaturelle permet à Alann de constater qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir porter secours au korrigan. Bien cachés, deux de ses congénères s’approchent d’Yves. Soudainement, ils bondissent sur lui, renversent le sac qui dévoile alors un lutin inanimé. L’un des agresseurs sort un flûtiau.
« Danse ! »
Alann sent la main de Gregor posée sur son épaule.
« Bouche-toi les oreilles. »
Le pêcheur obtempère. Il voit Gregor agiter les mains, il lance sûrement un sort. Yves, qui commençait à se mouvoir en rythme avec la musique, ne bouge plus. Gregor continue à lancer des sorts, car un buisson prend feu juste à côté de lui. Le paysan ne tient plus et fuit à toutes jambes, laissant son sac et sa victime derrière lui. Le calme revenu, les humains s’approchent. Le korrigan est vivant, seulement inconscient. Gregor fait promettre aux êtres féeriques de ne pas se venger.

Sur le chemin du retour vers la grange, Alann se demande si la malédiction des Flochard a un lien avec ce type de créature. Fatigué, il s’écroule dans le foin, heureux à l’idée de revoir son fils dès le lendemain.


Quand Alann se réveille, il fait grand jour. Il ignore comment il a pu arriver en pleine campagne, loin de la grange. Il se redresse et cherche à s’orienter. Après avoir traversé un trop long fourré d’ajoncs, il trouve un chemin qu’il reconnaît. Il prend alors la direction de la ferme, espérant trouver ses compagnons en chemin.

Son vœu se réalise peu de temps après. L’accueil des mages est chaleureux, Gatien montre même quelques traces d’inquiétude.
« Où étais-tu ? »
Alann hausse les épaules.
« Pas loin d’ici, je savais pas que je marchais en dormant.
- Tu te souviens de rien ?
- Ben non, je dormais.
- T’as été absent pendant trois jours ! »
Alann dévisage ses compagnons. Il doit bien se rendre à l’évidence, ils ne plaisantent pas. Il a du mal à comprendre tant il est harcelé de questions et de sorts. Il ne se souvient pas être sorti pour pisser, comme le prétend Christian. Il aurait ensuite disparu de manière surnaturelle. Pendant trois jours complets.

« Bon, rentrons à l’alliance, j’ai un fils qui m’attend. »

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